Anouk

Je suis dans la mi-trentaine et je suis serveuse depuis les 20 dernières années, solide; une bonne serveuse dans de bons restos. Je sers du vin à une femme pour qu’elle y goûte. Il est bouchonné. Elle me dit: “This wine is corked. Go tell your boss and ask HIM what he thinks.” Même les femmes peuvent être sexistes.

S.

J’étais en discothèque, à une soirée pour 16 ans avec 3 amies. Une de mes amies rencontre un ami à elle, et discute un peu avec lui. Plus tard, elle me dit que son pote m’avait trouvée hyper canon et que s’il n’avait pas été en couple, il aurait essayé de me choper, mais mon amie lui avait dit que j’avais moi-même un copain. Apparemment il aurait été choqué: “mais elle sort comme ça le soir alors qu’elle a un copain, et sans lui?!”. Ne voyant pas le problème, mon amie lui a répondu que lui avait bien une copine et qu’il sortait aussi. Il a répondu que “oui mais moi j’ai le droit de sortir je suis un mec, elle si elle sort le soir sans moi je la défonce.” Je trouve ça choquant comment certains mecs peuvent être si macho, et que certaines filles se laissent faire. Le jour où mon copain m’interdit d’aller en soirée sans lui, c’est ciao!

N.B

Je demande un transfert d’un de mes comptes de la banque CA vers une nouvelle banque BP. Cette nouvelle banque me demande bien de préciser l’agence dans laquelle je suis (depuis 10 ans) pour qu’on retrouve mon dossier rapidement. Quelques jours plus tard, la banque CA d’une ville à proximité m’appelle pour confirmer le transfert. Comme ce n’est pas mon agence, je m’en étonne. La conseillère me répond sans se démonter que c’est normal parce que c’est l’agence qui a ouvert tous les comptes de mon compagnon (mais pas les miens, donc). Pas mécontente de quitter cette banque qui perd une cliente de 10 ans en voulant absolument me voir comme “la compagne” de leur client. Je n’ose même pas imaginer ce qui se serait passé si on avait été mariés en prime!

Carole

Je vais boire un verre avec un ami pour parler de la figurine que je viens de recevoir et qu’il va peindre pour moi. Mon mari et mon fils m’accompagne histoire de sortir de la maison. Au bout des échanges de politesse, mon mari me demande soudain ce que je désire manger pour ma fete d’anniversaire 15 jours plus tard, auquel je répond des pates-saumon-aneth-crème. Il me coupe direct en disant qu’il a quand même une meilleure idée que faire des burger maison super classe se serait mieux et prend mon ami dans la conversation ou il essaye tout deux de me persuader que les burgers au BBQ se serait quand même bien. Sauf que, même si j’aime bien les burgers, je déteste les BBQ et que le saumon-aneth reste ma combo alimentation préférée. Mais sur le moment je n’avais plus mon mot à dire sur ce que j’avais envie de manger pour mes 30ans. il a fallu que je lui en reparle plusieurs fois pour que, très déçu, il accepte de faire ce dont j’ai envie. Juste après dans la conversation, mon ami me demande ce qu’il me ferait plaisir de recevoir pour cette occasion. Alors que je commence ma phrase, mon mari me coupe en hurlant presque qu’il a déjà une idée et que qu’il devrait venir lui en parler à la place. Le tout pour finir les 30min suivante de conversation sur comment mon ami allait lui offrir un voyage a new-york pour ses 35ans (dans 4ans). quand j’ai essayer de m’incruster parce que j’ai pas envie d’y aller et que bon quand même, je me suis fait refoulée. Ma figurine, j’ai pu lui jeter à la fin en lui disant quelle tête je voulais dessus. En rentrant mon homme ma tirer la tronche parce que quand ils discutaient de son anniversaire dans 4ans j’avais marqué un fort désacord et n’a pas voulu comprendre pourquoi moi j’étais très fachée de n’avoir pas eu le droit à la parole concernant mon anniversaire ou le reste de la conversation. Il n’a pas voulu comprendre pourquoi j’étais fachée d’avoir eu le droit de prononcer 10 malheureuses phrase en 1h et de m’être faite coupée sur plus de la moitié d’entre-elles alors que c’est moi qui allait en sortie pour parler…

nom

Je suis une jeune métisse de 19. Un soir je rentrai de chez une amie. J’étais sur le point de prendre le bus quand un homme en voiture s’est arrêté et m’demandé à combien je faisais l’heure. J’étais consternée et je lui ai dit que je ne faisais pas ce genre de choses et je lui ai dit comment pouvait-il penser ça! Il m’a répondu que c’était évident: qu’est-ce que une jeune fille noir ferais sinon dehors à une heure pareille?

Léa

C’était il y a environ 1 an. Je rentrais d’une soirée avec mon copain de l’époque, il était 4h du matin. Nous arrivons à la gare de Nancy, quand 5 mecs sortent d’une ruelle et viennent dans notre direction. Je commence à me crisper, je sens le danger venir; ça n’a pas loupé. Un des mecs s’est mis à hurler “J’adore lécher des grosses chattes bien juteuses, comme celle de la chienne là bas, je lui lèche sa grosse chatte, je la lèche et je la baise après avec ma grosse queue!” Ses potes éclatent de rire, et moi je baisse la tête et traîne mon copain en lui mettant la main sur la bouche pour éviter que les autres entendent les insultes qu’il leur adressait. J’ai senti que s’ils les entendaient, ils nous tabasseraient. J’avais envie de vomir, je me sentais souillée, rabaissée, son ton était tellement méprisant, il ne s’est même pas adressé à moi directement, j’ai été réduite à “une grosse chatte”. Le pire, c’est qu’une réaction les aurait poussé à nous casser la gueule, alors que c’est leur comportement qui est punissable! Des histoires comme celle là, il y en a d’autres, des regards, des sifflements, des hommes qui se masturbent en me regardant, des mains aux fesses sans mon accord, mais bizarrement, jamais je ne me suis sentie aussi sale, vulnérable et impuissante que ce soir là.

E

Au restaurant, avec mon copain. Vient le temps de l’addition, et malgré le fait que son anniversaire fut passé de 5 jours, on s’était mis d’accord pour que je paye. L’expression du serveur au moment où je tendis ma carte fut presque aussi délicieuse que le repas que je venais de déguster. Par contre, je me serais bien passée du “ah bon, c’est pas monsieur qui paye?”, sensée me faire rire.

A.J.

Je dénonce le fait qu’en tant que jeune femme, habillée en jean, bottes et manteau d’hiver, je sois angoissée à la simple idée de passer devant une brochette de mecs qui traînent dans la rue. Car ils sont affamés de “chair fraîche”, et je me sens épiée, jugée, déshabillée. J’ai la boule au ventre et je prie pour ne pas qu’ils m’adressent la parole. Parce que je sais qu’ils sont tout sauf bienveillants. Et du coup, c’est malheureux, mais si le jeune homme qu’on croise tout de suite après nous sourit ou voudrait nous saluer, et bien on baisse les yeux et on ne le voit même pas car on est dans une allure plus proche du 4 x 100 mètres que d’une simple marche. Qu’on me dise si cela relève de la normalité.

nom

Des gosses de 12 ans m’ont reprochée d’être “une pute”. Je ne sais pas pourquoi, je suppose qu’ils disaient ça à toutes les femmes qui passaient, ça devait être une sorte de jeu. 12 ans, quoi. A cet âge là jamais je n’aurais imaginé dire “pute” à une femme. Je pourrais me dire “ça va ils sont jeunes etc etc ils savent pas de quoi ils parlent” mais c’était vraiment agressif, et d’un peu la même manière que le disent les ados/jeunes adultes quand ils veulent vraiment faire chier. C’était vraiment méchant et que ça vienne de gosses aussi jeune ça m’a retournée.

Faustine

Je suis en terminale et je déteste porter des pantalons, alors je porte souvent des collants opaques pour avoir chaud avec des shorts courts et taille haute, parce qu’ils me font de belles fesses, voilà. Je passais devant le bureau de la CPE de mon lycée pour revenir en cours de philo en rigolant avec mes amis. La CPE m’interpella de l’intérieur de son bureau, sans même prendre la peine d’en sortir, alors je suis entrée, elle n’a même pas fermé la porte et a commencé à m’incendier, me disant que ma tenue n’étais pas correcte et qu’elle ne voulait jamais que je revienne au lycée comme ça. Je me suis excusée platement et je suis partie pleurer dans les toilettes avant de revenir en philo comme si de rien n’était.Ma tenue était courte, mais pas provocante, serrée, mais même pas moulante. Je ne dérogeais pas au règlement, cette tenue ne m’empêche pas de travailler et elle n’empêche pas les autres de travailler. Quand tout le monde est assis les uns derrière les autres en classe, il faut le vouloir pour pouvoir apercevoir mon short court. Je n’ai RIEN fait de mal. Combien de filles ont peu d’être virées de leur établissement pour porter des vêtements dans lesquels ils sont à l’aise? Ça me révolte, comment peut-on avoir une position de pouvoir sur des élèves et leur faire subir du slut-shaming? Encore une fois, du sexisme perpétré sur une femme, par une femme.