Anna

Je suis étudiante en école d’ingénieur. L’autre jour, en TD, l’équipement de projection faisait des siennes et notre chargé de TD a donc appelé l’assistance technique de l’école. L’homme qui est contacté dans ce genre de cas arrive et, alors qu’il branche le bon cable, lâche de façon assez désinvolte que “c’est une journée désagréable! Vous savez qu’il y’a le 8 mars, la journée internationale de la femme; et bien aujourd’hui c’est la journée de la panne, je n’arrête pas de courrir partout!”. Belle mentalité, on sent bien que les femmes sont désagréables, qu’elles vous empêchent de faire ce que vous voulez, qu’il faut s’en débarasser le plus vite possible. Et on se demande pourquoi il y a si peu de femmes en école d’ingé!

Manon

Cela m’est arrivée lors de mes cours de conduite. Au début il avait l’habitude de souvent mettre sa main sur ma cuisse quand il me parlait et ça ne me choquais pas plus que ça, je trouvais même cela normal, non dérangeant. Puis j’ai commencé à me sentir honteuse, je me disais que de toute façon c’était de ma faute, je n’avais qu’à ne pas mettre de short, alors par la suite je ne mettais plus que des jeans, mais il a continué à le faire. A chaque fois que je devais aller à mon cours de conduite, j’avais cette boule au ventre, à tel point que cela me rendait malade. Je sais que ce n’est pas bien mais ce prof a eu un accident de voiture avec une de ses élèves pendant un cours et il a du arrêter de travailler pendant un mois et demi, cela m’a soulagé. Il m’en changé de prof, je suis retombé avec un homme et je n’avais qu’une peur, c’est que cela recommence mais mon deuxième et dernier moniteur n’a jamais eu de gestes déplacés. Tout cela pour simplement dire que je n’ai jamais osé en parler à mes parents, la honte peut-être de ne pas avoir su régler le problème de moi même, d’être pratiquante d’art martiaux et ne pas avoir eu le courage de lui dire d’arrêter.

kaira

je rentrais du lycée hier à midi et je devait passer devant un café ( en Algérie les café sont généralement exclusivement pour les hommes)et souvent ils n’y avaient que des adolescents de mon lycée sur la terrasse et alors que je marchais je les entendais me crier des obscénités en arabe en français ou en Tamazight alors que j’ai au moins 5 ans d’écart avec chaque uns d’eux. quelques mètres plus loin deux adolescents me dépassent, je les avaient vu me dévisager et je les entend dire “elle a une paire de seins!” j’accélérai le pas et je passa devant quelques hommes adultes certains aurait pu avoir l’age de mon père et encore une fois l’écho de leurs voix m’atteignit et j’écoutai toutes les atrocités qu’ils voulaient me faire et les commentaires sur mon corps que je tentais vainement de cacher

nalex du var

jai 42 ans depuis hier et lorsque je lis tous ces témoignages je me retrouve dedans, me faire traiter de pute gratuit alors que tu es au poste d’essence problème de short aussi au collège malgré les collants opaques interpellé par la cpe . mais récemment je passe devant une terrasse ou est attablé plusieurs hommes d’âges différents et la serveuse me précède lorsqu’elle rentre dans l’établissement j’entend alors un des hommes lui dire “oh toi j’te la mettrai bien dans le cul!” incompréhensible?! honteux! j’avoue avoir eu honte et avoir un instant de dégout . la serveuse elle âgée d’une trentaine d’année ma répondu:” oh vous savez j’ai l’habitude”! peut etre! lui ai je répondu, mais ce n’est pas normale!

Séverine

30 novembre 2019 je suis chez moi dans mon jardin et j’étais entrain de recharger mes mangeoires pour oiseaux du ciel et derrière moi sur le chemin devant mon habitation passe un cavalier, je suis de dos habillé tout en noir des vêtements larges, ce monsieur rebrousse chemin, j’ai eu juste le temps de rentrer chez moi par la baie vitrée, qu’il était dans mon jardin à faire le beau avec son cheval, il a arrêté son manège quand mon homme se montre à la baie vitrée, il décampe sans demander son reste ! je n’imagine pas si j’avais été toute seule.

Lilou

Summer 2017, Las Vegas. I’m 16. I’m looking at the Bellagio’s fontains show with my french summer camp group. Obviously the place is crowded and I notice a pair of two guys (surely around their twenties) kind of fooling around. One of them grab my butt likes it’s totally normal and laugh with the other. I took me a minute or two to understand what just happend and for the show to end. I told my friend just after that and they all want to go find them. I’m just like “it’s okay don’t worry I’m fine, don’t go find them”. I don’t feel it has really “traumatize” me because it was in a particular situation (I wasn’t in my country, in a place I’ll probably never come back) but I still know it wasn’t normal. And afterwards, I hope I would’ve done something to stop them…

Lou

Il y a quelques jours un colis que j’avais commandé est arrivé dans un hypermarché qui fait point-relais dans ma banlieue. J’ai fait le chemin à pied en rêvant à mon paquet : un ensemble complet de draps tout neufs que je m’offrais enfin. J’étais bien sur la route, j’avais presque envie de danser. En arrivant au magasin (une grande chaîne française) je me rends à l’accueil pour demander le colis. Carte d’identité, numéro de commande. Je vois que l’homme derrière le comptoir prend du temps à retrouver les informations me concernant. Il traîne. J’aperçois également que mon colis est juste là, en face, sur une étagère, il y a mon nom dessus. Il finit par me trouver dans son registre, et il se met lentement à chercher mon colis. Je lui indique qu’il est juste là, mais il traîne encore. Je commence à me sentir mal à l’aise, le magasin est désert. Il attrape le colis, le pose sur le comptoir, laisse une main dessus. Tout est bon je devrais pouvoir partir maintenant mais il cherche encore quelque chose sur sa tablette. Il me regarde et me dit qu’il ne trouve pas le code-barre, je lui montre alors, il me dit que ce n’est pas le bon, que ça ne marche pas et puis finalement “ça fonctionne”. Je tends les mains pour prendre le paquet, il l’éloigne de moi et dit : – Célibataire ? Sur le moment je crois mal entendre, il répète “Célibataire, célibataire ?” Je lui demande en quoi cette information a un lien avec la situation, pas de réponse, il continue et finit par me dire qu’il a besoin de le savoir pour pouvoir me délivrer le paquet. Paquet que j’empoigne en baissant les yeux et en tournant les talons à toute allure. Après ça, je n’ai pas osé faire mes courses dans le supermarché, malgré les trente minutes de marche. Tous les aliments m’auraient semblé périmés de toute façon. Sur le chemin je me suis donc arrêtée dans un autre magasin pour acheter de la nourriture. J’entre sans problème avec mon paquet que j’ai mis dans un sac. Mais en sortant, un vigie placé aux caisses m’arrête : il a remarqué que j’avais un sac suspect. Il jette un oeil à mon ticket de caisse, fait mine de regarder au fond du sac qu’il tient maintenant contre lui et lance : – Mais vous n’avez rien pris d’autre ? – Non, non, je vous assure c’est un colis que je suis passée prendre pas loin d’ici, ai-je dit. – Même pas de quoi se faire un petit cocktail tous les deux ? Pour la deuxième fois de la journée, j’ai empoigné mon paquet et me suis enfuie en regardant mes chaussures, par peur de croiser un regard inoubliable.

Lili

J’étais à Paris, j’allais prendre le métro avec ma mère et je marchais légèrement derrière elle. Deux hommes en jogging étaient debout dans un des couloirs du métro, un des deux commence à me fixer et marche vers moi. Il m’attrape par le bras, me pousse légèrement, je recule. Toujours en m’agrippant, il me fait un clin d’œil. Je dégage mon bras, il me fait un signe, ses pouces en l’air. D’accord je te plais mais ne m’attrape pas comme si je t’appartenais. Ma mère avait juste vu les pouces levées et a ricané sur la maladresse des hommes qui ne comprennent pas que ça ne nous séduit pas. Elle ne rigolait plus quand je lui ai raconté.

Moun-sa

Suite à des problèmes de santé émotionnelle, je suis restée durant un long moment chez moi, sans sortir. Un jour, je trouve enfin la force mentale de sortir de ma zone de confort et de mon appartement pour prendre du soleil dans le parc à 5 min de chez moi, me disant que ça accélérera ma rémission. À peine en bas de mon bâtiment, un gros groupe de XY me drague. Quelques 10aines de mètres plus loin, c’est un adulte qui, du haut du 3e étage (!!!!) d’un des bâtiments que je longe, me hèle. Ça voix résonne dans le pâté. Chabine, puis lorsqu’il voix que je ne me retourne pas, mulâtresse. Au doigt d’honneur que je lui fais finalement, il s’exclame Oooooh…. Mais alors…. Sans gêne. Enfin à quelque mètre du fameux parc, une voiture passe et klaxonne. Il n’y a que moi, ici. Je me sens comme quelque chose de dégoutant, moins qu’humaine, commence à intégrer que je suis vue comme une commodité sexuelle… (Merci Imana j’ai rencontré ENFIN une femme dans ce foutu parc, et on a dicutée, je me suis sentie tellement soulagée…) J’ai pu prendre du soleil, au final. Mais quand sur le chemin du retour à mon bâtiment, un gros adulte m’a complimentée sur ma robe, je me suis sentie agressée, méfiante. Le sourire que des hommes arborent en m’abordant font remonter en moi une lancinante sensation d’insécurité. Depuis, j’ai encore plus peur de sortir.

conférence des maîtres (eh oui)

Je suis prof dans une école d’ingénieurs (eh oui) où, comme vous l’imaginez grâce à ces dérives de langage, c’est un lieu où le sexisme est permis. A cette conférence nous les profs discutons des problèmes des étudiants, tour à tour, et on évoque une étudiante ayant des problèmes de santé. Le prof de maths dit “ah oui, celle là, elle est souvant malade, disons UNE FOIS PAR MOIS”. Rires. L’étudiante bénéficiera d’aucune compréhension après ça, on ne prend plus du tout son cas au sérieux, et on la désigne à la cantine, un sourire aux lèvres … “souvent malade” hi hi hi.